Le tourisme de masse vu par Martin Parr

Punta del Este © Martin Parr/Magnum Photos

Punta del Este © Martin Parr/Magnum Photos

Martin Parr naît en Angleterre en 1952, issu d’une famille aisée londonienne. Pris dès le début de son adolescence par la passion de la photographie, il étudia le sujet à Manchester dans les années 1970, avant de rejoindre la fameuse agence Magnum.
Auteur des fameuses images sur le tourisme de masse, il est le photographe de l’absurde… Selon Martin Parr, « les voyages touristiques sont une forme moderne de pèlerinage et les photos qui en résultent, la récompense ultime ».

Plage artificielle à l'Ocean Dome © Martin Parr/Magnum Photos

Plage artificielle à l'Ocean Dome, Miyazaki, Japon, 1996. © Martin Parr/Magnum Photos

Dans ses œuvres, il n’hésite pas à s’amuser des comportements des touristes, qui tiennent la Tour de Pise, qui s’induisent leurs lèvres de crème solaire ou encore qui se prélassent en masse sur une plage artificielle au Japon… tout cela pour montrer les délires provoqués par la consommation de masse, avec un humour so british.

Tour de Pise © Martin Parr/Magnum Photos

Tour de Pise, Pise, Italie, 1990 © Martin Parr/Magnum Photos

Sur son site Internet officiel (uniquement en anglais), on peut avoir un aperçu de sa carrière, des albums et des livres composés de ses clichés montrant le plus souvent les classes moyennes. Friand de prises de vues sur le moment, il montre des scènes cocasses de la vie de tous les jours ou regarde d’un œil ironique la folie du tourisme. Ainsi, il a établi au cours de sa carrière une immense collection de photos et de vidéos qu’il aura capturé sur toute la planète, tentant de constituer les morceaux d’un puzzle géant, pour que chacun s’identifie dans les différentes situations évoquées par buy cheap levitra online ses images.

Acropole © Martin Parr/Magnum Photos

Acropole, Athènes, Grèce, 1991. © Martin Parr/Magnum Photos

Sur son propre blog il témoigne de l’essor inexorable de l’industrie du tourisme : « Maintenant, il est presque impossible de prendre une photo sans qu’une personne en prenant une ou posant ne soit dans le champ ». Il remarque également que les touristes prennent plusieurs photos d’un monument avant de passer au suivant. Il explique encore que la majorité de ces photos sont certainement publiées sur différents réseaux sociaux et restent ainsi à traîner dans les disques durs, jusqu’à être oubliées. Il critique le tourisme dans ses œuvres mais n’oublie pas qu’il est un moteur essentiel à l’économie des pays en développement.

Le Sphinx © Martin Parr/Magnum Photos

Le Sphinx, Gizeh, Égypte, 1992. © Martin Parr/Magnum Photos

 

Pour les 20 ans de la création de Reporters Sans Frontières, l’ONG a décidée de fêter cet anniversaire en rendant hommage à Martin Parr, en publiant 100 des photos les plus importantes de sa carrière. Le livre, « 100 photos de Martin Parr pour la Liberté de la Presse » est disponible en kiosque, en librairies et à la FNAC pour 9,90 €, afin de découvrir l’univers décalé de Martin Parr, qui nous offre une certaine vérité sur ce que nous sommes, nomades des temps modernes.levitra buy online

1 commentaire

  • J’ai récemment découvert l’exposition Life is a beach à Lyon, qui portait sur le regard de Martin Parr sur le tourisme de masse. J’ai adoré. Beaucoup ont été gêné par cette expo, interprétant certaines photos comme snob, moqueuses. Et pourtant, ce sont des images pleines d’humour, d’amour et d’autocritique sur nos sociétés contemporaines. Martin Parr a voulu que nous nous retrouvions tous dans ces scènes, y compris lui-même. Il n’y a aucun snobisme dans son message, bien au contraire. C’est très intéressant d’ailleurs de noter avec quelle insistance Martin Parr veut démocratiser ses photos, les rendre accessibles à toutes les couches de la population, y compris celles qui n’éprouvent à priori aucun intérêt pour le milieu de l’art. Le recours aux couleurs acidulées, à la distanciation des photos grâce aux techniques utilisées dans le milieu de la pub sont des moyens pour lui de parvenir à cette ouverture.
    J’ai écrit un article à ce propos: http://adeleauxbonsplans.blogspot.fr/2012/12/martin-parr-la-photo-qui-libere.html